Comment mieux utiliser Twitter ?

cet article a été publié par mes soins sur le site Numérilibre dont j’étais l’auteur avant sa fermeture.

Il existe de nombreux écrits à propos de ce réseau social. Son rachat récent (finalement annulé) par Elon Musk suscite pas mal de réactions. Notre relation à ce réseau peut être ambivalente. Il peut apporter beaucoup mais engendrer des pratiques addictives ou toxiques.

De nombreuses personnes se retirent de ce réseau ou prennent de la distance.

Ce premier point personnel, vise à s’arrêter sur quelques constats, tenter de définir attentes et besoins de façon à voir comment mieux l’utiliser c’est à dire de façon aussi efficace, pertinente et éthique que possible.

Des constats souvent amers

Je prends au hasard, un tweet récent de Cécile Duflot qui s’est retrouvée parfois contrainte de se retirer de Tweeter ou de verrouiller son compte:

ll n’est pas rare de se faire insulter, calomnier etc. Certains utilisent les outils propres à Twitter pour dénoncer un comportement inapproprié, on le voit ici la personne a décidé de porter plainte. Mais c’est forcément coûteux psychologiquement, en temps et parfois même en argent.

Il y a peu, Louis Derrac a publié un message sur excellent son site où il précise son ressenti et sa démarche.

On le sait, un réseau social c’est l’alliance d’algorithmes et de nos propres réactions avec des effets de loupe ou de « bruit ».

C’est à la fois la vitesse de l’information numérique où tout se succède vite, peut traverser la planète en quelques minutes et la sédimentation d’informations qui peuvent ressortir. Un des exemples connus est la disqualification relayée à partir d’un message ancien ou d’une citation décontextualisée.

Tout cela s’exprime dans le contexte d’une société où ressentiments et clivages sembleraient prospérer… Ce n’est pas faux, le consommateur domine en nous le citoyen, mais c’est à pondérer car les vertus du contact réel et direct nous montrent des rapports sociaux dans la vraie vie « quand même » plus tempérés que l’image donnée par les réseaux.

Tout le monde n’est pas sur Twitter !

Regardons d’abord les chiffres donnés par le site Digimind

En 2021, 66,5% des utilisateurs de Twitter en France sont des hommes, 33,5% des femmes.

En 2020, 60% des utilisateurs de Twitter en France étaient des hommes, 40% des femmes. Les utilisateurs par âge se découpent de cette manière (2)

  • 18-24 ans : 22%
  • 25-34 ans : 25%
  • 35-44 ans : 24%
  • 45-54 ans : 20%
  • 55-64 ans : 9%

Même si ce sont des ordres de grandeur, ils sont assez parlants.

Nos abonnés ne sont pas tous actifs ou animés de bonnes intentions

Nous suivons ou sommes suivis parfois par des comptes qui ne publient plus depuis un moment et qui ont pu être abandonnés par leurs propriétaires. Certains comptes sont des robots en attente de « mots clés » pour « retweeter ». Ils favorisent par exemple le « buzz » autour d’un nom…

Il existe des applications qui aident de temps à autre à « faire le ménage ». Lorsqu’elles sont gratuites, il faut prendre garde aux droits accordés sur notre propre compte et le mieux et de ne pas les laisser…

Certaines personnes se sont abonnées uniquement pour tenter de s’infiltrer dans votre fil et favoriser la diffusion de leurs messages ou relayer les propos de leurs amis…

Nos lecteurs réels et l’impact réel de nos messages

Selon l’heure, le jour, le nombre de retweets etc. un message pourra être peu ou pas remarqué.

De façon étonnante, j’ai pu voir des messages « remonter à la surface » plusieurs jours après leur publication.

Ainsi un tweet peut être lu par 800 personnes, un autre par 10. Mais derrière, les lecteurs peuvent plus ou moins interagir. Certains vont « liker » l’annonce de publication d’un article sur ce site par exemple… mais pas forcément aller le lire si j’en crois les statistiques.

Je note sur les différents comptes, que ce sont souvent les mêmes personnes qui réagissent (moins de 15% des abonnés).

Entre indifférence, impact de surface et véritable suite, on mesure l’écart… Ça calme les orgueilleux.

Si on le rapporte à l’aune du travail demandé, on peut assez vite relativiser.

Se pose en arrière plan la question de la visibilité que l’on peut obtenir pour ses publications dans un monde d’infobésité surtout si on publie dans une logique éthique avec le souci de la nuance plutôt qu’avec la volonté de faire du scandale.

Le scandale c’est souvent du bruit qui empêche de penser…

Comment ai-je fait évoluer ma propre pratique et comment la faire évoluer encore ?

Définir mes attentes et mes besoins

  • j’utilise Twitter dans une fonction de veille
    • pour mieux m’informer sur un sujet donné avec une cible précise
    • pour élargir mes champs de réflexion et comme le dit louis Derrac dans son article cité plus haut savoir faire preuve de sérendipité (s’ouvrir à l’inattendu)
  • je souhaite utiliser Twitter pour partager mes propres publications et inciter les lecteurs à les découvrir
  • je souhaite utiliser Twitter pour partager un sentiment, une expression en prenant appui sur la logique du court message et jouer parfois si j’y arrive d’un effet de style (on peut publier un message poétique ou qui se veut tel, une pensée à partager, une image…)
  • cerise sur le gâteau : par mes propres retweets, encouragements ou commentaires, je souhaite pouvoir alimenter ou faire vivre ou m’inscrire dans ce que je définirais comme un groupe ou une communauté d’adhésion, de façon informelle et libre… Reconnaissance d’une expertise et valorisation, plaisir de partager un ressenti (qui ne doit pas enfermer dans une seule perspective de conforter mon propre point de vue au risque de m’y enfermer…)… Dans de très rares cas, la conversation peut ponctuellement être privée mais je ne confonds pas Twitter avec un site de rencontres ! Les arnaqueuses et arnaqueurs y foisonnent aussi.

Préciser ce que je ne veux pas

  • perdre du temps
  • polémiquer pour polémiquer
  • me faire agresser même verbalement
  • valoriser « à l’insu de mon plein gré » des fake news, des « trolls » et autres toxiques

Pour toucher ou intéresser une personne parmi la foule, outre le bon moment, il faut que je parvienne à la fois à lui envoyer un signal lui permettant de se reconnaître un peu dans ce que j’annonce tout en aiguisant sa curiosité par un contenu riche.

Il faut aussi que je lui permette de dépasser une première représentation de mes propos, voire de ma personne, notamment si le premier contact a été négatif.

C’est en quelques secondes qu’une personne va décider si elle reste ou non sur un site par exemple. La forme joue autant que le fond !

Sur Twitter une vidéo ou une photo va souvent accrocher l’œil… mais pas forcément engager à poursuivre.

Ma gestion des comptes sur Twitter

(Mise à jour en août 22 car elle a évolué).

Je suis présent sur Mastodon et Diaspora-fr.org tout en y restant assez peu. Sauf pour une page d’auteur où je ne fais que relayer ce que je publie, je ne suis plus sur Facebook. J’ai une simple page Linkedin relancée récemment.

Je disposais de deux comptes Twitter mais pour m’économiser je n’en tiens plus qu’un seul que j’organiserai en listes si besoin.
– @vincentbreton

a) je me suis abonné à différents comptes choisis en fonction de mes centres d’intérêt

  • très souvent je me suis abonné en retour des personnes qui me suivent façon de rendre la politesse (mais j’évite l’extrême droite ou les faux comptes à vocation pornographique…)
  • Il m’arrive de « faire du tri » Exemple : un de mes abonnés porteur d’infos « numériques » relayait systématiquement l’info d’un complotiste avec des « fake-news » grossières… Continuer de rester abonné à ses messages c’était subir cette prose insane. Donc… désabonnement ou parfois blocage simple du compte relayé.

J’ai « nettoyé » quasiment toute présence de l’extrême droite raciste. Ça ne les empêche pas de poursuivre ailleurs mais au moins ça ne me salit pas les yeux et je ne suis pas tenté de réagir.

b) je ne réagis plus donc aux messages provocateurs (parfois il m’en coûte) et ce surtout lorsqu’ils sont écrits par des comptes totalement anonymes. Ignorer est souvent la meilleure réponse pour « faire tomber dans l’oubli »

c) je bloque sans leur parler ou signale les « comptes sales » : trolls, provocateurs de bas de gamme… Tous ces gens qui m’énervent et c’est pas bon pour mon cœur et tant pis si ce sont des intellectuels notoires. Je ne vais pas les transformer. Chercher à cliver pour obtenir l’adhésion ou le rejet n’apporte pas grand chose.

d) je valorise de façon constructive quand je trouve des messages intéressants

e) j’essaie de ne pas jouer les profs à trop vouloir corriger autrui – c’est un travers – mais a contrario si je peux compléter, enrichir de façon positive et constructive une discussion, je le fais…

C’est donc un mélange « subtil » et pas simple à tenir de lâcher prise, de choix, de verrouillage tranquille si besoin pour me préserver autant que mes lecteurs.

Si vraiment une information, un point de vue etc. m’incite à réagir, je vais plutôt écrire un message distinct et qui ne met pas en cause les personnes en tant que telles ou un article sur l’un des sites… Autrement dit prendre un peu de recul ou de distance.

nota : c’est un peu la même chose avec les mails qui incitent à réagir à chaud. Il est toujours bien de laisser décanter. Le passage par la lettre « manuscrite » et postale permettait parfois cette mise à distance…

Publier des messages de façon différée

Je programme la publication de tweets de façon différée. Sur ordinateur on peut le faire aisément. Il existe aussi des applications qui aident à le faire. Cela permet de redonner de la visibilité à des anciens articles. Il faut prendre quelques minutes pour le faire. Je cherche encore quelque chose de simple, ergonomique et gratuit !

Il faut réussir à trouver le « bon créneau » selon les publics.

Mieux choisir ses moments de lecture

Je dois améliorer le moment où je lis les messages. Il faut limiter en temps quotidien (20/30min) et ne pas se laisser aller à la facilité quand l’application sur smartphone la favorise.

En revanche, il peut-être bien de se dire que je vais aller visiter un à deux sites par jour si le message renvoie à un lien.

Nota : J’ai déjà supprimé les notifications sonores, je me demande si je ne vais pas supprimer les notifications visuelles et limiter mes visites à un seul temps ritualisé dans la journée. En évitant le réveil pour ne pas gâcher la journée et surtout avant le sommeil (au passage, c’est perso, mais à la maison, comme au temps du Far-West où l’on déposait son colt à l’entrée du saloon, tout le monde dépose son smartphone à l’entrée… pas pire que d’enlever ses chaussures ! – oui je suis vieux donc un peu psychorigide, vous le saurez si vous venez un jour )

Je songe aussi mieux apprendre à utiliser les fils RSS.

Voilà où en sont mes réflexions à ce jour…

Et vous et vous ?

Publié le
Catégorisé comme numérique

Par Vincent Breton

J'ai exercé plus de quarante ans au sein de l'Éducation nationale. Sur VincentBreton.fr je partage de la poésie, des chansons et sur Koikidit.com un journal singulier et citoyen

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :