L’équation impossible

Cela fait plusieurs fois que des hommes ou maintenant une femme politiques sont l’objet de mises en cause pour des faits relatifs à des abus sexuels.

Un scandale par jour

Cela agite beaucoup les conversations et l’on voit bien que l’on est pris au piège entre le risque de voir minimiser des faits graves et celui de faire du scandale sur des faits inexistants ou ne relevant pas de la Loi.

Entre la nécessité absolue de prendre en compte la parole de celles et ceux qui auraient eu à souffrir d’abus et celle de ne pas tout mélanger, le piège semble insoluble.

Comment exprimer son désir sans risque ?

En arrière plan se pose la question du désir et de son expression. Peut-être la perte du langage, la capacité de construire des relations « progressives » ont rendu plus difficile la communication entre personnes.

Ma grand-mère ne rencontrait son futur mari que sous la houlette du chaperon zélé qu’était son propre père. On imagine la frustration des amoureux et le poids du contrôle social et familial.

Une autre question à poser, est la capacité de s’affirmer. C’est à dire de refuser clairement et sans crainte ou de dire son besoin (« J’ai besoin que tu ne me touches pas, c’est malaisant, j’ai besoin d’ouvrir la porte… »). C’est le cas notamment lors des relations de pouvoir. Il faut pouvoir se prémunir de toute situation ambiguë et en même temps pouvoir vivre sans peur.

Affaire d’éducation ?

Derrière l’affirmation de soi, il reste l’apprentissage de la défense. Qui commence par le « non » clair jusqu’à… si besoin, le « coup de genou dans les couilles » dans une logique d’auto-défense.

C’est à dire le rôle d’une éducation claire mais aussi le courage de se dire que c’est comme dans d’autres domaines, « le pouvoir qui corrompt ».

Le danger de la prohibition du désir

Le risque n’est-il pas d’aller vers une sorte de société de la prohibition où toute expression du désir et de sentiments pourrait être vue comme suspecte mais a contrario de favoriser des dérives ?

Comment s’en sortir ?

C’est compliqué. Parce que d’un côté il y a des défenseurs machistes absolument imbuvables, de vrais salauds. Et de l’autre des réactions un peu connes de dames patronnesses de la vertu morale. Heureusement, il existe aussi des gens sensibles, attentifs, bienveillants et équilibrés. Des personnes capables à chaque étape de s’assurer de l’assentiment explicite du ou de la partenaire. Des personnes qui refusent de faire de leurs relations intimes une affaire de pouvoir, de domination de l’un ou l’une sur l’autre…

Publié le
Catégorisé comme politique

Par Vincent Breton

J'ai exercé plus de quarante ans au sein de l'Éducation nationale. Sur VincentBreton.fr je partage de la poésie, des chansons et sur Koikidit.com un journal singulier et citoyen

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